Une scène courtoise

(actualisé le ) par Anne Grolier

Les romans de chevalerie privilégient deux thèmes : le combat chevaleresque et l’amour courtois.
Yvain, un chevalier de la Table ronde, a accepté de défendre les intérêts de la dame de Norison contre le comte Alier. A l’issue du combat, la dame s’entretient avec le vainqueur Yvain

Après le combat, la belle Marianne demanda au brave chevalier de l’épouser :
- Beau doux sire Yvain, épousez-moi pour que nous soyons liés à jamais.
Mais celui-ci répondit :
- Dame, ma vie vous appartient mais mon amour est à ma dame Laudine.

La dame Marianne était vêtue d’une coiffe bleu ciel et rouge sang. Sa longue robe était aussi bleue et rouge. Ses yeux étaient marron au contour vert, sa peau blanche comme la neige, ses cheveux noirs comme l’ébène.

Messire Yvain, lui, n’était guère présentable devant une beauté si parfaite. Il tenait à la main son épée pleine de sang, ainsi que son heaume. Il portait son haubert en cotte de maille et avait à son bras son écu où ses armoiries figuraient un lion d’or.

La dame aux yeux marron et verts pleurait tant qu’Yvain en fut embarrassé, c’est pour cela qu’il lui dit :
- Chère et tendre fée, ne pleurez donc ainsi, vous me chagrinez tellement. Vous avez tous les prétendants que vous voulez, des seigneurs de la cour royale jusqu’aux gueux. Vous méritez beaucoup mieux. Je vous prie de ne pas vous rendre triste pour si peu.
Marianne sécha ses larmes et lui lança :
- Vous avez fort bien raison, cher ami, c’est pour cela que je vous laisse reposer dans nos chambres. Je vous remercie mille fois pour tout.
la dame Marianne était triste de perdre son bien-aimé mais heureuse de savoir que son royaume était sauvé.

Un an passa et Messire Yvain et dame Laudine se retrouvèrent. Quant à Marianne, elle proposa finalement au comte Alier d’unir les deux royaumes par le mariage. Et ainsi fut fait.

Shana S.

Après le combat où Yvain triompha, la belle Elisabeth de Norison s’approcha de lui en silence.
Celui-ci baisa sa belle main blanche et après avoir reçu ses remerciements et ses félicitations, alors qu’il commençait à s’éloigner, elle le retint en le tirant par la manche.
Yvain se retourna et regarda la belle Elisabeth de Norison dans ses yeux bleu azur remplis de lumière. Sa grande beauté le frappa. Il n’avait pas pris le temps de la regarder avec soin, et donc de voir combien elle était belle.

Son visage était aussi blanc que l’ivoire, ses yeux aussi profonds que que l’océan et sa bouche aussi rouge que le sang de ses ennemis.

Dame Elisabeth le regarda et lui dit :
- Monseigneur Yvain, votre courage, votre beauté et votre puissance m’ont frappée, je ne puis vous exprimer mon désarroi...le sentiment que je ressens pour vous est si nouveau pour moi...Je vous aime ! Me feriez-vous l’honneur de devenir mon époux ?
Yvain fut embarrassé...son cœur était déjà à Laudine ! Il l’aimait plus que tout, c’était vers elle qu’allaient ses pensées quand il frôlait la mort...

Le bel Yvain qui était normalement si fier, si sûr de lui, ne devint que désarroi et tristesse. Que dire à cette belle dame ? elle qui l’avait recueilli...
Yvain s’agenouilla et, la tristesse dans la voix, il lui dit :
- Madame,je ne puis accepter votre demande. Car mon cœur appartient déjà à celle qui l’a conquis par sa beauté et sa grâce.

Les larmes aux yeux, la belle Elisabeth s’évanouit, la mort dans l’âme.

Joséphine B.